TZCLD, une nouvelle étape qui s’ouvre

Découvrez l’article d’Audrey Dufour du 21 février dans le journal LaCroix sur le dispositif “Territoire Zéro Chômeur Longue Durée” 

Le dispositif « territoire zéro chômeur » étendu

À l’occasion du comité interministériel aux ruralités, jeudi 20 février, le gouvernement a confirmé l’extension du dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée » à de nouvelles zones rurales, sans pour l’instant fournir de calendrier.

Cela fait longtemps qu’elle était prévue. Le gouvernement l’a officialisée au détour d’une salve de mesures : l’expérimentation « territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) sera bel et bien étendue à de nouveaux territoires, même si aucun calendrier n’a été communiqué pour l’heure.

Élargir à des zones rurales

Jeudi 20 février, à l’occasion du comité interministériel aux ruralités qui se tenait dans les Vosges, Édouard Philippe a fait le point sur l’avancée de l’« agenda rural », un melting-pot de 181 mesures pour les zones rurales, présenté en septembre 2019. Et parmi les dispositifs, le comité interministériel a entériné la deuxième phase de l’expérimentation « territoires zéro chômeur ».

« Le bilan est très positif puisque 900 personnes privées d’emploi ont pu être recrutées, dont 750 sont actuellement salariées, décrit le dossier du comité. Le gouvernement a décidé, à l’occasion du comité interministériel aux ruralités, d’élargir le dispositif, en 2020, à de nouveaux territoires et en particulier à des territoires ruraux. »

« C’est une bonne annonce, mais pour nous cela ne fait que confirmer les promesses d’Emmanuel Macron, a réagi Laurent Grandguillaume, président de l’association nationale territoires zéro chômeur. Nous sortons de deux mois de concertations avec le ministère du travail et nous attendons maintenant des précisions sur les territoires concernés et le calendrier. »

Personne n’est inemployable

Actuellement, dix territoires testent ce système. Le principe est simple : partant du fait que personne n’est inemployable et que le chômage de longue durée entraîne un coût pour la collectivité, le dispositif utilise cet argent pour employer des chômeurs et répondre à des besoins de proximité.

Des entreprises à but d’emploi se sont créées à partir de 2017 dans ces territoires expérimentaux, avec la contrainte de ne pas entrer en concurrence avec des sociétés déjà présentes. Pas question que l’expérimentation plombe les artisans locaux. Les chômeurs embauchés sont en CDI et peuvent choisir leur temps de travail.

Un problème de non-concurrence

À l’automne 2019, deux rapports avaient pointé les difficultés du programme. Déjà, les coûts impliqués sont supérieurs à ceux des prestations sociales que toucheraient ces chômeurs, puisqu’il faut prendre en compte les locaux, le matériel, les équipements etc. Ensuite, l’obligation de non-concurrence rend compliquée l’émergence d’une activité rentable. Enfin, ces chômeurs étant par définition très éloignés de l’emploi, leurs besoins en formation et suivi professionnel sont importants.

Dans un ouvrage paru en avril 2019 (1), les membres d’ATD Quart Monde qui ont contribué à l’expérimentation reconnaissaient déjà ces complications, ainsi que des obstacles propres aux territoires urbains, où les débouchés pour les entreprises à but d’emploi sont plus faibles qu’en zone rurale.

On ne connaît pas, pour l’instant, les régions dans lesquelles le dispositif sera étendu. L’association territoires zéro chômeur accompagne 105 projets candidats à travers le pays. Dans les dix premiers territoires, l’expérimentation doit se poursuivre jusqu’en 2021.

Image Freepik